Affaire Dany Leprince Qui Est Coupable
David Richardson
Published Apr 05, 2026
Affaire Dany Leprince Qui Est Coupable – Dany Leprince continue d’espérer que les tribunaux l’exonéreront de la condamnation qu’il a reçue en 1997 pour le meurtre de son frère et de sa famille. Récemment publié dans son livre “Ils ont volé ma vie”, il détaille les nombreux mystères non résolus entourant les gendarmes et la tactique “machiavélique” des enquêteurs pour le forcer à sauter.
Dany Leprince est en prison depuis dix-huit ans ; était-il « le boucher de la Sarthe » ou a-t-il subi une terrible injustice ? Dans son nouveau livre “Ils ont volé ma vie”, aux éditions Flammarion, cet ex-agriculteur de 65 ans continue de clamer son innocence malgré sa condamnation pour les meurtres de son frère, de sa belle-sœur et de ses deux jeunes filles.
Un moyen d’influencer la justice alors qu’un appel de sa condamnation, déposé en mai 2021, est étudié. Christian Leprince, son épouse Brigitte et leurs deux filles, Sandra (10 ans) et Audrey (6 ans), ont été découverts morts à leur domicile de Thorigné-sur-Dué, dans la Sarthe, le 5 septembre 1994. Des couteaux ont été utilisés pour assassiner les victimes. Seule survivante de cet insondable massacre : Solène, la plus jeune fille, retrouvée intacte dans sa chambre à l’âge de deux ans.
RECONNAISSANCE D’OBLIGATION
Deux jours après avoir été placé en garde à vue, Dany Leprince a finalement reconnu avoir tué son frère, et aucun autre. Son épouse, Martine, et sa fille de quinze ans, Célia, sont les premiers témoins dont les récits l’accablent. Les gendarmes ont été informés par sa mère que son fils lui avait tendu une “feuille de boucher” (un hachoir) à nettoyer, qu’ils interpréteraient comme l’arme du crime.
“Dany veut dire, frappe maman, Yaya, Yéyé” (les surnoms des deux sœurs de Solène), c’est ce que la petite survivante a ensuite dit à sa nounou. Selon les enquêteurs, la jalousie serait le moteur du meurtre. Si Christian Leprince avait vécu en face de la maison de son frère, il aurait eu un travail plus facile et un garage plus productif. Pendant ce temps, Dany aurait passé ses journées à s’occuper de la ferme familiale et ses nuits à travailler dans une usine de transformation de viande.
Par ailleurs, une reconnaissance de dette signée par lui a été découverte sur les lieux du crime, prouvant que ce dernier lui devait 10 000 francs. Enfin, un litige concernant le rachat de terrain sera documenté au dossier judiciaire. Dany Leprince a finalement été condamné à la prison à vie en 1997 pour une combinaison de facteurs. Pourtant, dans son livre et lors de son apparition sur Marianne TV, l’ancien agriculteur nie toutes ces accusations.
Rien n’a jamais rendu mon frère et moi envieux l’un de l’autre. Concernant la reconnaissance de dette qui a été découverte sur un meuble, je dois être la personne la plus stupide du monde pour avoir laissé ce document si rempli de preuves de ma culpabilité.
Un témoin et un gentleman à proximité
Plus important encore, il maintient depuis 1994 sa position selon laquelle on lui a extorqué ses aveux. Je n’avais aucune idée de ce qu’était la garde à vue car je suis née dans une famille d’agriculteurs. Quel désastre celui-là aussi a été. Cela faisait cinq jours que je n’avais pas dormi. Les gendarmes ont mis mes pensées en lambeaux. La 46ème heure de garde à vue est là, et je suis absolument épuisé.
Ces jours-ci, je ne peux pas vous dire à quelle heure il est. Ma gamine pleure et un gendarme m’informe que jusqu’à ce que j’avoue, nous la placerons à l’assistance publique. J’entends cela alors que je suis dans la pièce voisine. J’ai donc réitéré ce que les enquêteurs avaient dit. Dany Leprince a appris trois semaines plus tard, en discutant avec le juge d’instruction, que sa fille n’avait pas été entendue ici.
Sous les traits de ma fille, une femme gendarme a poussé ces cris. “On a tous été pris au piège, maman l’a mal pris, elle s’en voulait beaucoup”, raconte-t-il, attribuant les propos compromettants de sa mère sur cette page de boucher à la pression des gendarmes. Il a tout mon soutien.Entre les lignes de son récit, Dany Leprince attribue également les accusations portées contre Solène, l’enfant survivante, à la gendarmerie.
Il se souvient ainsi que la nounou de la petite fille, à qui il s’est confié, était amie avec un gendarme et pas n’importe quel gendarme, mais le major Monnier, chef de la brigade de gendarmerie du Mans. À partir de ce moment-là, on pourrait imaginer que l’enfant ne ferait plus que répéter ce que les adultes lui disaient… Naturellement, son témoignage était biaisé ! Il fallait découvrir quelqu’un ou quelque chose pour me faire tomber, insiste-t-il.
Lors de la diffusion du documentaire “Je ne suis pas un assassin” sur l’affaire qui lui a valu la perpétuité, Dany Leprince, accusé de quatre meurtres, s’entretient avec franceinfo. Lundi 27 novembre, Dany Leprince fustige le comportement de certains “enquêteurs” et “du juge d’instruction” qui ont “tenté de bricoler l’histoire à leur manière” sur franceinfo.
En 1994, dans la Sarthe, à Thorigny-sur-Dué, celui qui clame son innocence aurait été impliqué dans un triple meurtre. Deux de leurs filles, ainsi que son frère et sa belle-sœur, ont été découverts morts dans la soirée du 5 septembre 1994. Dany Leprince s’est rétracté après avoir été reconnu coupable après avoir avoué. Il a été libéré sous condition en 2012 après avoir purgé une peine d’emprisonnement à perpétuité assortie d’une période de sécurité de 22 ans pour le quadruple meurtre qu’il a commis en 1997.
Dany Leprince est libre de s’exprimer sur le sujet depuis l’année dernière, alors qu’il n’était plus sous contrôle judiciaire. “Je continuerai à me battre jusqu’à ce que le procès soit revu”, a-t-il promis lors de la diffusion mercredi sur W9 du documentaire “Je ne suis pas un assassin” de Bernard Nicolas et Jérôme Korkikian.
Dans cette vidéo, nous revenons sur le combat pour faire reconnaître son innocence, ainsi que sur les lacunes, les contradictions et les territoires inexplorés de l’enquête. Encore un « rebondissement » : un dentiste qui, à une exception près, partage une ligne téléphonique avec la gendarmerie affirme avoir reçu un appel immédiatement après la condamnation de Dany.
L’homme déclare : “Je dois dire ce que j’ai sur le cœur. J’ai tout vu. Dany n’est pas coupable. C’est Martine et deux hommes.” L’homme affirme se confier à un gendarme. Le « témoin » a été localisé par Roland Agret et Corinne Justice ; il effectuait des travaux d’électricité sous la table dans le grenier des victimes au moment du crime.
Des détails sur le décor, notamment un escalier rétractable inconnu, ont été révélés par ses aveux. C’est ici qu’il aurait récupéré la seule survivante, Solène, 2 ans, découverte dans sa chambre vêtue d’un vêtement d’une propreté éclatante, à quelques mètres seulement des quatre corps… Enfant, l’homme serait resté avec elle, lui aurait changé de vêtements, puis l’aurait ramenée dans sa chambre avant de s’enfuir.
Le problème, c’est que les moments qu’il cite ne correspondent pas aux périodes du crime, et le pire, c’est qu’il insiste encore aujourd’hui sur le fait que son appel n’était qu’un délire provoqué par l’alcool. Encore un accroc : le témoin oculaire qui lui aurait révélé l’amant de Martine est décédé… Néanmoins, les avocats de Martine Leprince ont demandé à la justice de reconsidérer leur dossier.
Car il reste encore beaucoup de questions sans réponse au niveau fondamental. «Les accusés n’ont pas bénéficié du doute», affirme Jean-Louis Pelletier, qui défendait alors Leprince. L’ADN de l’homme condamné n’a pas pu être localisé sur le lieu du meurtre. D’un autre côté, les enquêteurs ont découvert deux morceaux d’ADN et des empreintes de pas non identifiés. Un autre élément de preuve était une lettre.
“Moi, Monsieur Leprince Christian, soussigné, déclare par la présente avoir prêté 10 000 F à Monsieur Leprince Dany”. Daté d’il y a environ 10 ans, il porte les signatures des deux hommes. Sans aucun doute, Dany Leprince a reconnu avoir tué son frère. Après 46 heures (sur les 48 légales) de garde à vue, les gendarmes sont parvenus à obtenir des aveux. Et tout ce qu’il a admis, c’est d’avoir tué son frère.
Malgré son explication selon laquelle il était lourdement endetté, nous ne lui avons jamais demandé s’il avait tué les trois autres, pourquoi il avait épargné Solène, ou encore pourquoi il n’avait pas volé l’argent de son frère. Ses aveux ont été réitérés devant le juge le lendemain. Il recule alors. Les psychiatres évoquent une “interdiction morale de s’approprier les faits qui lui sont reprochés” après avoir diagnostiqué “un conflit interne refoulé, qui aurait pu s’exprimer à travers une pulsion agressive archaïque”.
Martine, qui a d’abord nié avoir vu ou entendu quoi que ce soit, a ensuite témoigné comme témoin à charge. Il est troublant que ses propos se succèdent. Lors de sa garde à vue, elle a témoigné s’être précipitée dans la maison pour alerter Brigitte après avoir vu Dany frapper son frère dans le jardin voisin.
Cependant, Sandra et Audrey étaient également décédées. Solène ? Vraiment? Elle n’avait pas le courage de le chercher. Célia, la fille aînée du couple, affirme avoir vu son père frapper Christian depuis un autre endroit de la cour, accréditant ainsi ces accusations. Après deux ans, Martine continuera à mettre à jour cette version. Le 9 mai 1996, un souvenir saisissant d’avoir vu Solène la nuit du crime, notamment de l’avoir lavée et mise au lit, lui est apparu.
Pendant ce temps, la petite fille a saisi quelques mots et aurait pu décrire Martine comme « mignonne », « avoir couché avec moi » ou « avoir pris le bain ». Par souci de protéger Dany, Martine aurait refusé de garder Solène, mais elle l’aurait conduite chez sa belle-mère Renée le 14 mai 1996, pour compléter cette version par une version encore plus étrange.
Résultat, après avoir ramené Solène dans sa chambre à travers le sang et les cadavres, Martine serait revenue à son chevet avec son mari… Malgré tout cela, Renée Leprince a nié avoir jamais été là. De la même manière, elle nie que, comme elle l’avait affirmé lors de sa garde à vue, Dany lui ait apporté un drap de boucher sale et cramoisi le lendemain des faits. J’étais très horrifié.